Le vin et l'humain: pour un soir ou pour la vie...

Depuis que je me passionne pour le vin et que j’apprends à le connaître, je m’aperçois qu’il y a plus de similitudes qu’on pourrait le croire avec l’humain. Je dois aussi admettre que je suis aussi une adepte de psychologie et pour moi, l’un ne va pas sans l’autre.  En fait, c’est surtout au niveau de notre façon de l’aborder qui y jouera un rôle crucial. On juge souvent trop sévèrement, en se limitant à l’apparence ou dû à notre vécu, avec raison. On s’entend qu’une mauvaise expérience peut affecter celles qui suivront dans un avenir plus ou moins prochain. Cela dit, si tous les humains sont différents, les vins le sont tout autant. En effet, chaque bouteille vient avec son histoire et bien sûr, c’est pareil pour l’humain. Mais avant d’aller plus loin, il s’agit avant tout de commencer par les yeux. De toute façon, ça serait déplacé de regarder plus bas comme première impression, n’est-ce pas? ;) 

Si les yeux sont le miroir de l’âme qui en dit long sur notre personnalité, la couleur d’un vin révèle déjà quelques indices sur celui-ci. On peut déjà se faire une idée sur son âge et sa puissance. C’est comparable à l’humain. Une personne plus jeune n’aura pas la même expression dans son regard ou son visage qu’une personne plus vieille. Il en va de même quant à ses traits et à son corps, qui seront soit plus délicats ou encore costaud ou musclé.  Pour un vin, si sa couleur est pâle, son intensité est normalement plus délicate et à l’inverse, si l’intensité est plus foncée, il sera normalement plus corpulent. 

Maintenant que nous avons passé la première impression, si elle s’avère positive, nous pouvons aller à la prochaine étape qui est le nez. Évidemment, de la même façon que nous n’irions pas nous coller directement sur une personne pour sentir son odeur. On se garde donc une petite gêne pour commencer. Normalement, notre odeur personnelle émane déjà à une distance raisonnable. Pour un vin, il s’agit d’amener notre nez au-dessus du verre, sans trop le plonger à l’intérieur de celui-ci, et d’inspirer un moment. Encore ici, les arômes ou les odeurs qui se rendent jusqu’à notre sens olfactif déclencheront certaines réactions ou même des émotions, plus ou moins intenses. Ces réactions alimentent alors notre curiosité. Est-ce que ça clique? Est-ce que j’ai envie d’avoir une conversation avec lui/elle? Est-ce que je crois que ça sera une relation à court ou à long terme? Bref, de plus en plus de questionnements nous viennent à l’esprit.  Biensûr, dans certains cas, il est normal d’avoir envie de nous éloigner sur-le-champ, mais en même temps, rendu à ce stade, notre curiosité grandit au point d’avoir envie d’en apprendre un peu plus, alors soit nous amorçons une discussion ou encore, pour le vin, le moment est venu de le mettre en bouche. Ici, tout se confirme. Nous repensons aux étapes précédentes et y faisons des liens. Si toutes nos attentes et nos besoins sont comblés, il y aura assurément un coup de cœur. Il arrive d’y vivre un bon moment et d’en apprécier chacune des étapes de la rencontre ou de la dégustation, mais sans pour autant avoir envie d’y revenir. Notre décision finale ne peut se faire qu’à ce moment, sans quoi nous risquons de prendre une décision trop précipitée et que l’expérience s’en trouve incomplète. 

En résumé, il faut voir toute dégustation comme une première rencontre avec une personne. Bien qu’il serait tentant de ne se fier qu’aux apparences, si nous sautons des étapes, nous risquons d’avoir des regrets et de passer à côté de belles relations ou de belles expériences vinicoles. Dans le cas contraire, on apprend, tout simplement. Dans tous les cas, on gagne bien plus à prendre notre temps…. Il est notre seul allié. De plus, ça explique pourquoi il est encore plus agréable de déguster une bonne bouteille en étant bien accompagné, puisque les meilleurs vins sont, assurément, ceux qu’on partage avec nos humains préférés. :) 

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