Qu’est-ce qui se cache derrière le prix d'une bouteille de vin?

Photo: n-liu/unsplash.com

Lorsque vient le temps d’acheter un produit, quel qu’il soit, notre objection principale est son prix. Avec raison, puisque le premier objectif est d’en avoir pour notre argent, tant en qualité qu’en quantité. Dans le vin, c’est bien sûr la même chose, bien que le prix ne soit pas toujours un gage de la qualité, il est toutefois déterminé par plusieurs facteurs. 

Il est difficile de prévoir, d’une année à l’autre, quelles seront les récoltes et la production d’un vignoble, mais l’élément principal à prendre en considération demeure le consommateur. Bien que chaque producteur soit maître de ses choix en matière de viticulture, de vinification, de conditionnement, de transport et de vente au détail, l’impact qu’auront ses produits sur la clientèle influencera directement la viabilité et la pérennité de son domaine. Cependant, l’agriculteur n’a aucun contrôle sur les choix et les goûts de l’acheteur, c’est pourquoi les facteurs qui affectent le prix d’un vin peuvent constituer un sujet complexe tenant, en quelques sortes, du pur hasard.

Les domaines viticoles les plus prestigieux se doivent d’être les plus prudents, puisqu’à prime abord, les coûts des terrains sont plus élevés, souvent situés sur des côteaux pentus, où ils doivent donc avoir recours à l’embauche de main-d’œuvre pour en effectuer l’entretien et les vendanges. En viticulture biologique et en biodynamie, bon nombre de viticulteurs ont recours à des animaux qui font non seulement partie de l’écosystème, mais ils participent à l’entretien des vignes et leurs excréments servent aussi d’engrais, ce qui est un peu plus économique et écologique. En vinification conventionnelle, on utilise souvent de l’équipement et des techniques plus onéreuses, notamment pour le stockage du vin avant sa commercialisation ou si l’élevage doit être fait sur plusieurs mois ou plusieurs années. Le conditionnement est aussi un principe essentiel à considérer. La sélection des bouteilles, des étiquettes, des capsules, de bouchages et de cartons entrent en ligne de compte dans le prix de vente. Or, le fait de choisir une bouteille de forme spécifique ou en verre lourd entraîne des coûts supplémentaires. Pour l’exportation, il revient moins cher de privilégier le vrac et le mettre en bouteille sur le marché de destination. Toutefois, seuls les plus gros producteurs peuvent se le permettre, à condition que la législation locale l’autorise. 

Quant au transport, la distribution et la vente au détail, ils constituent un aspect très complexe et fortement réglementé. Bien souvent, les producteurs doivent faire appel à d’autres entreprises pour le transport et la distribution de leurs vins, car ils doivent s’assurer du bon choix de rapport qualité-prix et d’une bonne distribution. Les taxes peuvent aussi alourdir considérablement le prix de vente des vins, bien que les taux varient d’un pays à l’autre, elles demeurent essentielles à la régulation de la consommation d’alcool à travers une augmentation du prix de vente au détail. 

Du côté de la vente au détail à proprement parler, la plupart des bouteilles sont vendues dans des boutiques, cavistes ou à des restaurants, lesquels doivent en retirer une marge bénéficiaire. Les prix sont généralement plus élevés chez les restaurateurs qui visent une marge plus importante. 

En fin de compte, le prix du vin dépend non seulement de l’offre et de la demande du marché, mais il est aussi important de se questionner d’où vient le vin et quelles méthodes ont été employées pour l’obtenir. De plus, même si un vignoble haut de gamme peut être plus gourmand en ressources financières, l’inverse peut se produire du côté des plus petits producteurs, mais ce n’est pas toujours le cas, puisque ce dernier se retrouvera quand même devant les mêmes obligations qu’un gros domaine. D’ailleurs, la réglementation, les lois et les cahiers de charges divergent d’un pays et même d’une appellation à l’autre. Donc, l’achat local reste parfois la meilleure option, puisqu’on peut contribuer à faire diminuer les coûts de transport et de distribution. Même si nous payons une bouteille à un prix plus élevé d’un vignoble local, comparativement à une bouteille à plus petit prix d’un gros producteur étranger, nous contribuerons davantage à l’investissement de l’agriculteur. 

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